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Marathon père et fils, les Peuchot témoignent...

Florian, le fils et Bernard, le père, décide de partir à Bâle en Suisse pour parcourir le marathon, il s'agit du premier marathon de Florian. Bernard l'accompagnera jusqu'à la ligne d'arrivée en un temps juste improbable...2h58, oui oui moins de 3h comme on aime aujourd'hui les surnommer !
 
Interview croisé : 
 
Parlez-nous de votre choix ? Vous avez décidé de partir ensemble sur le marathon de Bâle, qu'est-ce qui vous a décidé ? Etes-vous parti sur l'idée de le courir ensemble ? Sur effectuer le même temps ?
 
Florian : Maximiser  mes chances de podium du challenge du club et vivre de l’intérieur l’épreuve dont tout le monde parle sont 2 raisons qui m’ont motivé à m’inscrire à cette course. Courir avec mon père pour mon 1er marathon était pour moi une chance. On avait planifié de courir ensemble le 1er semi, puis éventuellement de se séparer en fonction des sensations de chacun. Mais mon père, ainsi que mon ego, semblaient très enthousiastes de m’emmener sous les 3h. Dans l’audace il y a l’enchantement dit-on. 
 
Bernard : Courir ensemble était logique jusqu’au 30ème km. Après... On n’est jamais sûr de soi sur un marathon et ce n’est jamais une science exacte. Néanmoins, l’objectif des 3h était en nous et il fallait partir sur des bases de 4’15. 
 
Votre prépa ? 
 
Florian : Une douleur au genou lors de la 1ère sortie longue m’a obligée à stopper la course pendant une semaine. Puis, j’ai repris tranquillement des footings. Arrivés septembre, j’ai fait 2 semaines d’entraînements très qualitatifs, VMA courtes et longues. Dernière semaine : repos complet. Je prenais même escalators et ascenseurs dès que je pouvais ! 
 
Bernard : 4 semaines de prépa réelle car marathon situé 6 semaines après l’IronTrail de Davos avec ses 201km et 11440m D+. Après cet ultra, j’ai profité des vacances et des desserts. Bien sûr, nous avons couru avec Florian, mais en mode décontractée à la découverte des sites touristiques. Le dernier mois a été plus sérieux, mais je n’ai pas retrouvé mon poids de forme ! 
 
Et la course ? Racontez-nous ! Des moments forts ? Vos sensations à l'arrivée ?
 
Florian : À chaque ravitaillement, je prends de l’eau et un petit morceau de banane. Jusqu’au 35e km, tout va très bien. Semi en 1h29, toujours avec mon père et le meneur d’allure, et les encouragements des supporters au top. J’étais même surpris que ça aille aussi bien. Puis, le meneur d’allure est parti devant et c’est là que mon père m’a vraiment aidé et motivé. Les 7 derniers km étaient long mais l’arrivée en 2h58’48 main dans la main avec mon père en valait vraiment la peine. Nous ne pouvions pas être plus contents de nous !! 
 
Bernard : La stratégie est simple, on suit le ballon des 3h, c’est tout. Ca parle allemand autour de nous. Au 5ème km nous formons un groupe de seulement 12 coureurs derrière le meneur d’allure. On le suit tellement proche que parfois le ballon nous fouette la tête. Les km s’enchaînent, le temps passe vite. Le marathon fait 2 fois le parcours du semi, chaque boucle compte 90 m de dénivelé. Heureusement les conditions météo sont idéales, ça compense. Je bois 2 gorgées d’eau tous les 5 km. J’invite Florian à s’arrêter boire. Au km 25, nous sommes plus que 5 autour du meneur d’allure qui, entre temps, a changé. Je regarde Florian avec admiration, il a toujours une belle foulée. J’ai confiance. Nous passons au 32ème km en 2h16’ et j’annonce à Florian que les 3 heures sont dans la poche. J’en suis convaincu, lui moins. Je le rassure, 44’ pour 10 km c’est tout bon. Pas trop le temps de savourer, Florian a raison, le meneur d’allure nous pose une mine 10’ plus tard ! Incompréhensible. On échange avec Florian, je lui dis à nouveau que c’est gagné et que le meneur d’allure maintenant, c’est moi. Alors que le meneur d’allure « officiel » continuait de prendre de l’avance, le ballon qui était jusqu’alors accroché sur son T-shirt, se décroche et s’envole ! Du jamais vu. Au 38ème km, je vois Florian qui grimace. Je fais style de souffrir aussi tout en le motivant. Je me souviens que ce km-là est couru en 4’09. C’est formidable. Arrive le panneau des 40 km, le chrono affiche pile 2h50’. Et là, que me dit Florian ? : « Papa, on essaie 2h58’ ! ». La fin du parcours est ascendante et sur des pavés, ce n’est pas gagné. C’est dur aussi pour moi. Sans trop crier, j’encourage Florian, le motive, le rassure, bref essaye de lui faire grappiller les précieuses secondes. Enfin, le bonheur : le dernier virage, l’arche est toute proche, Florian crie « ta main » et dans un seul élan, nous passons la ligne ensemble. Objectif atteint et quel chrono 2h58’. On se congratule et des larmes coulent. 
 
L'après : avez-vous imaginé une autre course ainsi ensemble ? Autres projets ?
 
Florian : Avec le recul, je me rends dis que ses 7 derniers km ont permis de rendre inoubliable ce 1er marathon. Il faut vraiment arriver suffisamment frais au 35e pour assumer les 7 derniers. Et maintenant, un Ultra-Trail avec lui ? 
 
Bernard : Ah bon, je n’étais pas au courant, mais bien volontiers ! Ce que je sais par contre, c’est que nous serons au départ du marathon de Paris 2016 et dans le même SAS. On a encore rien décidé. Pour ma part, j’y serai pour aller chercher mon record de 2h52’ qui date de 27 ans ! Déjà !