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Dominique témoigne sur sa formation d’entraîneur !

Pour l'Amicalien 2015, l'AAAL souhaitait vous faire découvrir le parcours à suivre pour devenir entraîneur. Dominique a accepté de vous en parler !

Dominique, qu'est-ce qui t'a poussé à entamer cette formation d'entraîneur 1er degré ?

Dominique : Il est vrai que malgré mon passé d’encadrant dans d’autres sports, comme la randonnée (brevet d’animateur randonnée pédestre) et la plongée sous-marine (moniteur 1* CMAS – niveau 4 initiateur FFESSM) témoignant d’un certain intérêt pour transmettre et enseigner les différentes disciplines sportives que j’ai pu pratiquer, je suis rentré en septembre 2011 au club, las de pratiquer la course à pieds en solitaire, mais sans aucune intention cette fois de m’inscrire à nouveau dans une démarche d’encadrement ou d’enseignement.

Après une année de pratique au sein du club (saison 2012), au vu de mon assiduité aux entrainements et certainement de mon expérience dans l’enseignement d’autres disciplines, ma coach de l’époque, Françoise LACROIX, et le président du club, me sollicitèrent afin que je réfléchisse sur la possibilité de devenir entraineur au sein du club. C’est finalement suite à une deuxième relance et après mûre réflexion qu’une fois de plus je me laissais convaincre d’entamer une formation d’entraineur Hors Stade, ayant une fois de plus été animé, comme dans les tous les sports que j’ai pratiqués, par le goût d’encadrer et d'apprendre aux autres.

Qu'est-ce qui t'a plu/déplu lors de cette formation? 

Dominique 

Ce qui m’a plu : Les deux stages spécifiques au hors stade, pour le premier permettant de rentrer dans les bases de l’entrainement des disciplines et le deuxième plus approfondi, tant sur le plan théorique que pratique. Ce dernier (durée 4 jours) était d’ailleurs particulièrement intéressant car il alliait théorie avec mise en pratique sur le terrain.

L’intérêt fut également de pouvoir rencontrer et côtoyer des athlètes ou cadre technique du haut niveau de la discipline, comme Driss El Himer athlète Français spécialiste du 1500 m au Marathon, champion d’Europe de cross country entre autre, 2h14 au Marathon, qui comme nous était en formation d’entraineur Hors stade, mais également de discuter avec un des cadres de l’équipe de France du 100 km et des 24h00, qui était en stage d’entrainement au même moment. Nous avons également pu discuter avec un stagiaire qui était champion du monde d’ultra iron man.

Tous ces échanges avec ces spécialistes du haut niveau de notre discipline, furent très intéressants et très enrichissants.

Ce qui m’a déplu : Le premier stage n’avait pas vraiment d’intérêt, se résumant à des informations générales sur l’athlétisme (très tourné vers la piste), la FFA et ses structures délocalisées (ligue, comité départementale). La discipline du hors stade n’est pratiquement pas évoquée.

Comment s'est déroulé ta formation ?

Dominique : Cette formation s’est déroulée en 3 étapes principales.

Un stage d’une journée et demi, commun à l’ensemble des disciplines de l’athlétisme (disciplines de la piste et du Hors stade), intitulé l’ABC. Ce stage en soit n’est pas très intéressant et peu instructif

Puis j’ai entamé les deux stages propres à la discipline du hors stage, le premier sur 1,5 jours, correspondant au module 1 du cursus d’entraineur 1er degré, permettant d’être adjoint entraineur. Ce premier week-end nous permet d’aborder les bases et les fondamentaux de l’entrainement des disciplines hors stade. Nos deux interlocuteurs, deux cadres renommés de la ligue ont su rendre leurs interventions particulièrement intéressantes.

Puis ce fut le module 2, stage réalisé sur 4 jours, se déroulant à Andrézieux et clôturant le cursus. Comme évoqué en partie dans la question précédente, ce stage nous fait rentrer de façon approfondie dans l’entrainement théorique mais également pratique, par la succession de cours théorique, axés principalement sur l’établissement de plans d’entrainement, et la construction des séances, mais également la réalisation de séances pratiques sur le terrain (réalisation d’un test VMA, d’une séance VMA, d’une séance de cross, d’un TMI, etc…). Cette succession de cours très théoriques et très approfondis avec des séances pratiques et de restitution sur le terrain, est particulièrement intéressante.

Enfin l’ensemble des stages terminés, commence la phase de travail personnel, avec l’établissement d’un mémoire à remettre le jour de l’examen. Ce mémoire permet de restituer l’ensemble des connaissances apprises lors de la formation. Outre la présentation de soi-même et du club dans lequel nous allons ou nous encadrons, nous devons sélectionner un athlète de notre club (de type 2 : réalisant des compétitions), définir avec lui un objectif et lui réaliser un plan détaillé d’entrainement pour atteindre cette objectif sur 3 mois. En l’occurrence, pour ma part, mon cobaye fût Vincent CHARROIN, qui a largement battu l’objectif que nous avions définit de 1h27’(1h25’10 réalisé) au semi de Bourg en Bresse. Je le remercie encore de s’être prêté au jeu. Il a su parfaitement respecté et appliqué le plan que j’avais construit pour l’occasion.

Comment as-tu vécu cette formation?

Dominique : Cette formation est contraignante par le fait qu’elle se trouve très étalée dans le temps. En effet, il faut environ une année pour réaliser l’ensemble des stages de la formation d’entraineur, ceci à condition de ne louper aucun des différentes sessions de formation. Et enfin environ 6 mois entre la fin du dernier stage et le passage des examens finaux (QCM, évaluation en situation et mémoire).

Bref, à mon goût la totalité de la formation est beaucoup trop étalé dans le temps, d’autant qu’il n’y a qu’une cession pour chaque stage dans l’année sur la région.

Souhaites-tu passer la formation de 2ème degré ?

Dominique : Pourquoi pas dans quelques années. Depuis 15 ans, je n’ai fait qu’enchainer les formations dans les différents sports que j’ai pratiqués, ceci afin d’encadrer. Par conséquence, je pense que j’attendrais quelques années avant d’envisager le cursus d’entrainer 2ème degré. D’autre part, je pense qu’il faut avoir pratiqué quelques années comme entraineur 1er degré avant de vouloir passer à l’étape supérieure.

Comment se sont passés tes premiers entraînements en tant qu'entraîneur (préparation de la séance, ressenti au cours de la séance, ...) ?

Dominique : L’intégration en tant qu’entraineur s’est fait progressivement, en assistant dans un premier temps les entraineurs de l’époque (Françoise, Paco et Daniel). Puis j’ai commencé par les remplacer pendant leurs absences, notamment pendant les vacances. Cela m’a permis de m’intégrer comme futur membre du staff technique, notamment vis-à-vis des adhérents coureurs qui ont appris à me connaitre et que j’ai appris à connaitre.

Le retrait et le départ de Françoise a accéléré le processus. Mais avec Paco et son expérience, tant comme coureur que comme entraineur, et Christophe qui comme moi était en plein processus  de formation, nous avons pu mettre immédiatement en pratique les connaissances délivrées en formation.

L’ensemble du groupe tête d’Or m’a parfaitement accueilli et intégré comme entraineur.

De même Daniel a su, sur Gerland et Parilly, m’accorder sa confiance, en me demandant pour les périodes de vacances de le remplacer. J’ai d’ailleurs reçu également un très bon accueil du groupe de Parilly.

Pour revenir plus précisément sur mes premières séances en tant qu’entraineur, celles-ci ont été réalisées dans la continuité de ce qui était pratiqué par Françoise et Paco, dans lesquelles j’ai pu retrouver les principes appris lors de ma formation. Des évolutions sont par la suite ont été réalisées avec Paco et Christophe dans le respect évidemment des principes de l’entrainement du Hors stade.

Est ce que ce premier entrainement correspondait à ce que tu avais vu lors de ta formation, imaginé lors de la préparation...?

Dominique : Comme évoqué précédemment, il m’est difficile de déterminer réellement mon premier entrainement en tant qu’entraineur, mon intégration s’étant fait progressivement et au fur et à mesure de ma formation. Je n’ai jamais ressenti cette impression du premier jour livré à moi-même. Françoise dans un premier temps puis Paco et Daniel ont été présents pour me conseiller au début, chaque fois que cela m’était nécessaire.

C’est dans cet esprit, que nous comptons accueillir et accompagner Maud et Olivier qui ont décidé de nous rejoindre, en entamant leur formation d’entraineur Hors stade

Quels conseils donnerais-tu à quelqu'un qui se sent l'envie de devenir aussi entraineur ?

Dominique : Dans un premier temps, il faut réellement se poser la question de savoir pour quelles raisons l’on souhaite devenir entraineur.

Car à y réfléchir, lorsqu’on est entraineur, il faut :

  • Beaucoup de disponibilité afin d’être présent aux entrainements mais aussi le plus souvent possible aux compétitions.
  • Etre conscient que lors des entrainements, on est présent pour les coureurs en priorité et plus forcément pour s’entrainer soi-même.
  • Son entrainement personnel est donc fortement perturbé et souvent diminué car il faut trouver d’autres disponibilités en dehors des entrainements.
  • En dehors des entrainements, il faut consacrer du temps dans la semaine pour les autres tâches : élaboration des plans d’entrainement, des fiches coureurs, préparation de certaines séances spécifiques, de stages éventuels, reconnaissance de nouveaux parcours, réunions techniques….

MAIS avant tous, il faut que tout ce que j’ai cité ci-dessus ne soit pas une contrainte au quotidien et que vous fassiez cela naturellement, avec joie et bonne humeur. Il faut vouloir faire partager son savoir, aimer renseigner, conseiller, apprendre aux gens, et les accompagner dans leurs objectifs. Pour cela un entraineur, quelques soit ces problèmes personnels, professionnels, doit être lors des entrainements accueillant vis-à-vis des coureurs, disponible et ouvert à toutes leurs sollicitations.

Si ces quelques lignes ne vous ont pas effrayé, c’est que vous devez avoir le profil pour être un futur entraineur !

Comment se prépare un plan d'entrainement?

Un plan d’entrainement respecte un certain nombre de règles pré déterminées, qui sont l’essentiel du contenu de la formation d’entraineur HS.

En tout premier lieu, il faut déterminer l’objectif. Objectif individuel pour un athlète bien précis (exemple : battre son record sur 10 km  dans 6 mois, etc…) ou objectif collectif pour un groupe (championnat de cross pour les 4 mois à venir, un trail au printemps en perspective, un marathon pour un groupe…)

L’objectif principal déterminé, sachant que des petits objectifs secondaires pourront sous certaines conditions se glisser dans le plan d’entrainement, la structure du plan peut être construite en appliquant les règles de la course HS :succession d’une période de préparation générale où certains types de séance seront privilégiées (VMA par exemple) puis la période de préparation spécifique dont les durées sont fonction des distances envisagées (les types de séance à privilégier sont également bien définie, comme la séance de vitesse spécifique).

Enfin il ne faut pas oublier dans un plan la période de régénération après une compétition (durée déterminée en fonction de la distance réalisée) et la période de relâchement avant l’objectif (très codifiée également).

Ces éléments techniques mis en place, il faut calibrer et déterminer précisément le contenue des séances en fonction des lieux possibles d’entrainement, de la saison, tout en veillant à diversifier pour le coureur les séances afin que cela ne soit pas monotone.